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Les Débuts de la Presse Calaisienne

Autrefois, la presse jouait un rôle important dans la vie sociale, car naturellement la radio, la télévision ou encore internet n'existaient pas. Le journal était le seul propagateur des nouvelles du monde : bien sûr, il les donnait avec un certain retard et sans beaucoup de détails, mais nous n'étions pas complètement ignorant. Chaque ville de moyenne importance avait donc son organe de presse et Calais ne faisait pas exception à la règle.

La Feuille de Calais est le premier journal local qui ait été publié. Le premier numéro porte la date du 28 juillet 1807, c'est à dire sous le Premier Empire. La Feuille de Calais porte, en sous-titre, l'indication suivante : "Publiée avc l'autorisation de Son Excellence le Ministre de la Police". C'est un petit journal, format papier à lettres, paraissant sur huit pages. Hebdomadaire, il ne se vend que par abonnement, dont le prix est de trois francs l'année. Il est imprimé chez Moreaux et Cie, qui s'intitulent "Imprimeurs de la Mairie" et dont les bureaux sont situés dans la rue Courtenveau (n'existe plus). La Feuille de Calais est absolument innofensive, placée sous la surveillance de la police officielle, elle ne se permet aucune critique, ni même de suggestion.

Le Journal de Calais est le plus important des journaux anciens. Le premier numéro parut le 9 février 1825, sous le règne de Charles X. Tout comme La Feuille de Calais, c'était un hebdomadaire publié sous le format papier à lettres, mais qui comptait seize pages, car déjà dans le domaine de l'actualité, le public avait des exigences très grandes. Edité par M. Leroy fils, imprimeur rue des Boucheries (n'existe plus), il ne se vend également qu'à l'abonnement, dont le prix assez élevé pour l'époque, est de dix francs pour l'année. Cet hebdomadaire était strictement calaisien et bornait ses informations à la ville. Le 9 mai 1827, Le Journal de Calais double son format mais ne paraît plus que sur huit pages. Fin novembre 1866, M. Désiré Leroy, directeur du journal, cède son imprimerie à son fils Frédéric. Frédéric Leroy devient officiellement responsable du journal le 5 décembre 1866 sur le numéro 2210. Le 31 mai 1876, Le Journal de Calais annonce brièvement qu'il cesse de paraître à partir de ce jour. M. Frédéric Leroy donnera comme prétexte sa mauvaise vue. Le 12 juillet 1876, le journal reparaît, et cela deux fois par semaine. M. Darnel, maire de Calais, dans un éditorial donne la vraie disparition momentanée du journal. M. Frédéric Leroy, en effet, était monarchiste convaincu, et l'avènement de la République l'avait profondément marqué ; il ne cessait donc d'attaquer le nouveau régime. Ce fut M. Darnel lui-même qui dirigea la politique du journal, qui devint donc l'Organe du Parti Républicain. Avec le numéro 2870, après cinquante trois années d'existence sous la direction de la famille Leroy, Le Journal de Calais change de maître et passe entre les mains de M. Jules Goutier.

L'Indicateur de Calais parut pour la première fois, le 20 octobre 1829. Comme Le Journal de Calais, dont il devient d'ailleurs le concurrent, il compte huit pages de petit format. Paraissant le dimanche, c'est également un hebdomadaire qui ne se vend qu'à l'abonnement, dont le prix est de douze francs l'an. Il est édité par Antoine Leleux, imprimeur-libraire, rue Royale. Antoine Leleux, qui a laissé son nom à une rue de la ville est un homme de caractère aventureux. Avant de venir s'installer à Calais, il a combattu en Amérique, sous les ordres de Bolivar, lors de la libération des colonies espagnoles, de plus il logea chez lui le "beau" Brummel. L'Indicateur de Calais ressemble comme un frère au Journal de Calais : mêmes chroniques, même présentation, mêmes collaborateurs bénévoles, mais il consacre une plus grande place à la littérature, et surtout à l'histoire locale. Chose assez bizarre, L'Indicateur de Calais n'eut qu'une vie assez courte ; en effet, le 13 mai 1832, soit moins de trois ans après sa parution, il publie son dernier numéro. Mais Antoine Leleux, son éditeur n'avait pas dit son dernier mot.

L'Industriel de Calais est né le 2 juin 1832, édité par le même Antoine Leleux et qui porte en sous-titre : "Journal des progrès du commerce, de la littérature et des arts". Ce journal parait le samedi, l'abonnement est de quinze francs l'année. Ce journal est une réplique exacte de l'Indicateur de Calais, mais les chroniques historiques sont presque complètement supprimées pour donner une large place aux articles industriels. Antoine Leleux, en fin spychologue, devant l'essor pris par l'industrie du Tulle, avait jugé qu'un organe spéciaisé devait connaître le succés et la suite lui donna raison.

Le Moniteur de Calais et Saint-Pierre, paraît la première fois, le samedi 20 décemre 1856. En fait, c'est le successeur direct de l'Industriel de Calais car il est imprimé dans l'ancienne imprimerie d'Antoine Leleux. A la tête de cette entreprise, on trouve : Melle Leleux et M. Tatar, son associé. Cet hebdomadaire de quatre pages a son siège social rue Leveux.

L'Avenir de Saint-Pierre
Saint-Pierre devenant une ville de plus en plus grande grâce au tulle, se devait de posséder son propre journal. Ce qui fut chose faite avec l'Avenir de Saint-Pierre qui se paie le luxe de paraître deux fois par semaine : le jeudi et le dimanche et cela à partir de 1872. C'est un journal de quatre pages du format actuel, qui est bien rédigé avec une chronique locale assez bien fournie sur Calais et Saint-Pierre, mais qui montre parfois une certaine audace dans l'information. Par exemple, le journal parle d'une certaine jeune fille très médisante, qui se gaussait des filles-mères, très nombreuses à l'époque, et qui se trouve enceinte à son tour. Il raconte aussi les aventures d'un vieux galantin de la rue des Pierrettes, mystifié par une voisine. Bien sûr, il ne cite pas les noms, mais tout le monde les reconnaît. A notre époque, cela pourrait être suceptible de poursuites judiciaires. L'Avenir de Saint-Pierre inaugure aussi le "premier avis mortuaire". Le 25 août 1872, le journal publiait un encadré, annonçant la mort d'un certain W. Witmarck. Le genre est lancé. Quand Calais fusionna avec Saint-Pierre, en 1885, le journal fut renommé "L'Avenir de Calais". Au début, il paraissait six jours par semaine, mais déjà la grande presse nationale faisait son entrée en province, et l'Avenir ne parut plus que deux fois par semaine, le jeudi et le dimanche.

D'autres journaux s'installèrent à Calais : "Le Patriote", journal républicain qui parut deux fois par semaine à partir du 1er juillet 1877 ; "Le Phare de Calais", sous la direction de M. Peumery ; "Le Petit Calaisien", sous la direction de M. Naudin. C'est à cette époque que commença l'ère des polémiques acerbes, chaque organe de presse représentant un parti politique.

 

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