En 1680, la paroisse Notre-Dame de Calais possédait un fort étrange curé en la personne du sieur Nicolas Chesneau. Les maïeurs et échevins se voient contraints de dresser procès- verbal des plaintes qui leur sont faites chaque jour par les habitants.
On lit dans ce procès-verbal que depuis que le sieur Chesneau est curé, il a toujours négligé d’administrer les malades et les mourants ; que depuis longtemps, il ne chante plus ni messe ni vêpres ; que le dit sieur curé en certaines semaines n’entre pas deux fois à l’église, à peine y vient-il le dimanche pour dire la grand’messe, n’ayant pas même la capacité de faire le prône ni exhortation au peuple. Ce curieux document nous apprend encore que ce curé mène une vie toute contraire à son caractère, son presbytère servant plutôt de retraite aux gens débauchés qui fument le tabac avec lui, le jour et la plus grande partie de la nuit, que d’asile aux pauvres.
On comprend sans peine qu’une conduite si peu édifiante devait causer un grand déplaisir aux paroissiens et être une occasion de scandale pour les huguenots fort nombreux alors à Calais.