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Anne Boleyn

Anne BoleynLorsque, en 1532, Henri VIII vint rencontrer, à Calais, son allié le roi de France, il emmena avec lui Anne Boleyn qu’il avait connue douze ans auparavant à Ardres, lors des fêtes magnifiques du Camp du drap d’or. François 1er eut grand soin, dit la chronique, d’exclure de sa suite les jeunes seigneurs connus pour être « moqueurs et gaudisseurs ». Rien ne prêtant tant au ridicule que ce gros bellâtre de quarante ans, traînant dans ses bagages une fille qui n’était ni sa femme ni sa maîtresse. Il paraît qu’Henri n’a point cédé à sa passion pour Anne Boleyn avant l’heure légale. Ce n’est que l’année suivante qu’il l’épousa après avoir répudié Catherine d’Aragon ; ce qui fut l’occasion du schisme, le pape ayant refusé de casser le mariage du roi d’Angleterre avec la tante de Charles-Quint.

   Curieux rapprochement ! Anne Boleyn, qui ne fut pas longtemps dans les bonnes grâces d’Henri, ayant été accusée d’adultère et condamnée à mort, fut décapitée par le bourreau de Calais, qu’on fit venir exprès comme le plus adroit. On raconte que, dans sa prison, elle se fit apporter le billot, s’essaya à y poser la tête, répéta sa grande scène finale. Le roi a fait venir pour elle le bourreau de Calais, un virtuose qui lui tranchera la tête d’un seul coup, non avec une Hache, fi donc ! mais avec une épée. « Comme le roi est bon ! D’ailleurs, l’exécuteur n’aura pas grand mal, j’ai le cou si petit. » Et elle éclata une dernière fois de ce rire coquet qu’elle avait appris en France et qui a affolé tant d’hommes.
 

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