Retour à l'Accueil

Rue de Vic

Le nom de la rue de Vic est relativement ancien. Dans un acte de 1679, il est question d’une petite maison située à la basse-ville, paroisse de St-Pierre, laquelle maison est bâtie sur un terrain « tenant d’un bout à la rivière de l’Abyme, par devant sur la rue de Vic. »
Ce nom rappelle le souvenir de Dominique de Vic, gouverneur de Calais, si célèbre dans notre histoire locale du XVII° siècle.
Les Espagnols s’étaient emparés de Calais, de Guînes et d’Ardres en 1596. Grâce au traité de paix que Philippe II ruiné et mourant se résigna à signer à Vervins, ces trois villes firent retour à la France en 1598.
Le Calaisis fut terriblement ravagé pendant les deux ans que dura la domination espagnole. Dans les actes de notaires qui suivirent la paix de Vervins, il est, à chaque instant, fait mention de maisons « desmolyes à cause des guerres ». Nombre d’habitants avaient abandonné le pays. Il s’agissait de le repeupler.
Dominique de Vic, un des compagnons d’armes du Béarnais, fut nommé gouverneur de Calais.
Le traité de Vervins avait été précédé de quelques jours par l’édit de Nantes (13 avril 1598) qui accordait aux protestants la liberté de conscience, le libre exercice de leur culte et l’égalité devant la loi. A la faveur de cet édit, quantité de familles protestantes, d’origine française, vinrent chercher dans le Calaisis un refuge contre les rigueurs que le gouvernement des       Pays-Bas exerçait contre elles. « De Vic ne croyant pas, dit l’historien Lefebvre, que la différence de sentiments dût être un obstacle pour repeupler cette contrée dévastée, les admettait indifféremment dans la ville et la banlieue, avec les catholiques, pour citoyens. Ces familles protestantes s’y multiplièrent beaucoup et y eurent un libre exercice de leur religion, principalement à Marck et à Guînes, où elles avaient leurs temples. »
Pigault de Lépinoy ajoute qu’ « on doit au gouvernement de Vic cette justice qu’en très peu de temps la ville et le pays changèrent de face, le commerce fleurit, les terres furent cultivées, l’industrie des religionnaires hollandais et zélandais les fertilisa », et que « la tolérance améliora ce que le zèle outré détruisit le siècle suivant. »
C’est Dominique de Vic qui fit faire la digue de Sangatte par des Hollandais qui avait fui les persécutions des Espagnols. C’est du moins ce que disent nos historiens locaux.
On sait comment Henri IV fut assassiné par un fanatique le 14 Mai 1610. Le gouverneur de Calais en eut tant de chagrin qu’il mourut peu après.
Le Journal de Pierre de L’Estoile rapporte ainsi ce fait : « Le dimanche 15 Août 1610, à deux heures après minuict, est mort en ceste ville de Paris, M. de Vicq, gouverneur de Calais, bon et fidèle serviteur du Roi et de son Estat, et qui avoit fait de grands services à ceste couronne. Le cœur de ce généreux seigneur n’aïïant peu porter de voir celui de son maître si indignement et cruellement navré et percé, en devinst tellement flestri qu’il ne le survescut guères après. »
Le 15 Décembre 1875, la ville de St-Pierre acheta à M. Valdelièvre et consorts le terrain et les bâtiments en ruines d’une fabrique qui avait été incendiée pour y établir la place de la République.
En 1877, le Conseil municipal vota la construction d’une halle couverte sur cette place. Ce bâtiment fut érigé en 1878, mais il n’a guère été utilisé ; il donnait d’un bout sur la rue de Vic et de l’autre sur la rue de la Tannerie. Il a été démoli, il y a une douzaine d’années lors de la construction de l’école primaire supérieure.

 

© 2010 Calais-Ville