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Rue Debacq

Là-bas, sur le boulevard de l’Egalité, il y a une école primaire communale qui porte le nom du romancier Balzac. Juste au coin, vous pouvez prendre une rue qui aboutit à la rue Régnier : c’est la rue Debacq. Elle évoque en nous le souvenir d’un gai et humoristique poète calaisien.

On lit dans l’avant-propos du premier recueil des poésies de Debacq publié en 1828 :

« L’éducation manque souvent au peuple ; mais l’esprit, l’originalité ne lui manquent pas ; et le compatriote de Pigault-Lebrun, dont nous présentons aujourd’hui l’Habit d’Arlequin, est une preuve nouvelle de cette vérité. »

Pierre-Marie Debacq naquit à Calais le 11 octobre 1778. Son père était charpentier et ne put lui donner d’autre éducation que celle que l’on recevait alors à l’école des frères. Mais le jeune Debacq avait en lui le « feu sacré ». Il avait à peine quinze ans quand il se mit à rimailler. On lui fit apprendre le métier de tailleur. Sans négliger son travail, il ne tarda pas à devenir le chansonnier de tous les événements un peu remarquables qui se passaient dans la ville de Calais.

En 1828 parut un volume intitulé « Mon Habit d’Arlequin, ou recueil de pièces et de morceaux tirés de ma boutique poétique, par P. M. Debacq, tailleur-fripier, costumier, etc. » avec cette épigraphe : « Dans ma tête un beau jour, se trouva. » (Piron). – Calais, imprimerie de Le Roy fils, in-12, 215 pages.
Ce volume est orné du portrait de l’auteur dessiné par son ami Francia, le peintre calaisien qui s’est fait une si grande réputation comme aquarelliste. Francia fit du poète un portrait très réussi et y ajouta les vers suivants :

Du poète fripier, comique est la figure,
Et le regard tant soit peu de travers ;
Mais qu’importe lorsque ses vers
Ont pour eux la raison, la rime et la mesure.

Ce curieux volume, aujourd’hui fort rare, contient une foule d’épîtres, de contes, de sonnets, de quatrains, d’épitaphes, d’épigrammes, etc., etc., tous de la plus grande originalité, d’une parfaite correction, charmants au possible et d’une tournure gracieuse et élégante.

Debacq continua de faire des vers ; il en fit toute sa vie. En 1860, quelques mois avant de mourir, il fit paraître un second recueil poétique ; c’est le deuxième volume de Mon habit d’Arlequin. – Calais, imprimerie Mlle Leleux et Tatar, in-12, 348 pages.

Pierre Debacq mourut le 17 mars 1861. M. Le Beau, avocat à Calais, qui avait connu le vieux poète calaisien et l’avait apprécié à sa juste valeur, prononça sur sa tombe un long et magnifique discours qui a été publié dans le Moniteur de Calais.

Non loin de l’entrée du cimetière de la section nord, un mausolée attire l’attention des visiteurs. On lit ces simples mots :

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AU POÈTE

DEBACQ

SOUVENIR
de ses concitoyens
1780-1861

 

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