Retour à l'Accueil

Les frères CHAPPE et le télégraphe aérien

Télégraphe ChappeLe 4 août 1794, le Comité de Salut public, chargé par la Commission nationale de diriger l’établissement des postes et télégraphes décida, sous l’inspiration de Carnot, que deux lignes seraient créées d’urgence : la première partant de Lille pou aboutir à Paris ; la seconde de Paris à Landau, ville de Bavière, alors au pouvoir de la France, et qui marquait la limite de ses frontières à l’Est.
Les frères Chappe venaient d’inventer cet alphabet aérien destiné à transmettre, en très peu de temps, d’un point extrême à un autre point éloigné, par différents signaux convenus, les dépêches du Gouvernement ou ce qui pouvait l’intéresser.
En janvier 1816, une nouvelle ligne fut créée de Paris à Calais. Notre port avait acquis une grande importance depuis le rétablissement de nos rapports avec l’Angleterre. Chappe aîné, administrateur des lignes télégraphiques, vint à Calais le 4 juillet, et c’est le 20 du même mois que le télégraphe fut établi à la Citadelle.
L’Annuaire du Pas-de-Calais, pour 1847, nous apprend qu’il y avait, dans le département, seize stations télégraphiques. Celles de notre région (inspection de Calais), étaient situées à St-Omer, Bayenghem-lez-Eperlecques, Zouafques, Ardres, St-Tricat, Calais, Escalles, Bazinghen et Boulogne.
La vitesse de transmission des dépêches variait suivant la distance. La réponse à une dépêche partie de Calais, y était reçue de Paris en deux heures, lorsqu’aucun accident ne venait interposer un temps d’arrêt entre les stations. Les signaux, se transmettant à travers l’atmosphère, étaient soumis à toutes les vicissitudes atmosphériques. Les brouillards, les pluies abondantes, la fumée, les brumes du matin et du soir paralysaient le jeu du télégraphe aérien. Il n’était pas rare de voir dans les journaux, sous Louis-Philippe, le texte des dépêches télégraphiques terminées par cette formule sacramentelle : « Interrompu par le brouillard. »
Le télégraphe aérien ne fonctionnait pas la nuit. Aux premières ombres du soir, il avait replié ses ailes : comme un serviteur paresseux, il dormait jusqu’au lever de la prochain aurore.
Dès 1846, la dépêche électrique allait commencer à faire disparaître les ingénieux appareils des frères Chappe. Le télégraphe électrique fut établi à Calais, dans une des dépendances du Chemin de fer du Nord, en 1849. C’est le 6 septembre de cette année que les premiers mots sont parvenus de Lille à Calais.

 

© 2010 Calais-Ville